|
|
|
Maroc : 27/09/2001 |
| L'immobilier
: du locatif qui ira en Bourse . |
 |
|
|
|
Saham
et son associé belge, Thomas & Piron, lancent
un fonds d'investissement d'un milliard de dirhams
-
Le fonds sera échelonné sur 10 ans
Une première dans l'immobilier au Maroc. Un fonds
d'investissement, doté d'un peu plus d'un milliard
de DH (100 millions d'euros) vient d'être constitué
pour le secteur. C'est le résultat d'un accord
de partenariat, signé le 9 septembre, entre la
société marocaine Saham et Thomas &
Piron, premier constructeur de logements clé en
main en Belgique. La signature a eu lieu en présence
du Prince Philippe de Belgique et Fathallah Oualalou,
ministre des Finances. La réalisation du fonds,
géré et promu par les deux partenaires,
est échelonnée sur 10 ans. L'innovation
de ce projet est en fait l'introduction en bourse du patrimoine
locatif, qui sera constitué par ses promoteurs.
-
En route pour la bourse
Pour
l'instant, les deux parties sont en train de mettre la
dernière main aux détails du projet. La
phase du lancement sera inaugurée dès l'année
prochaine par le versement de la première moitié
de l'enveloppe financière, soit 500 millions de
DH. La seconde moitié étant prévue
pour l'année d'après, en 2003. Cette phase
sera consacrée à la constitution de réserves
foncières. Les jalons des deux volets du projet
seront alors lancés. Il s'agit des opérations
de promotion et du développement d'un patrimoine
locatif. Les promoteurs du projet passeront ensuite à
la phase de développement. Autrement dit, lancer
les opérations de promotion immobilière
sur les réserves foncières et donner plus
d'ampleur au patrimoine locatif.
Après
le lancement et le développement viendra la récolte.
Cette troisième tranche sera consacrée à
la vente de la partie qui ne sera pas locative et l'achèvement
de la constitution du patrimoine locatif. Une fois achevé,
ce patrimoine sera coté en bourse. Le projet, ainsi
conçu, devrait bénéficier pleinement
du potentiel de rentabilité du secteur. Et ce,
d'une part, en minimisant l'exposition aux aléas
des cycles ordinaires de l'immobilier, surtout quand la
promotion n'est pas le fait des professionnels uniquement.
Et d'autre part, en innovant une activité locative
offrant un bon rapport risque-rendement comme le montre
le comportement de la société Balima à
Rabat. "C'est cette stratégie qui doit conduire
à l'introduction de ce patrimoine locatif en bourse",
expliquent les promoteurs du fonds. Par ailleurs, Saham
et Thomas & Piron souhaitent fédérer
un groupe d'investisseurs marocains et internationaux
désirant participer à leur projet. Pour
y arriver, les deux partenaires comptent sur leur expérience
dans la gestion financière et leur connaissance
du secteur de l'immobilier.
-
Une conjoncture actuellement propice
Ce
fonds d'investissement, expliquent les promoteurs, "s'inscrit
dans le cadre d'une stratégie conçue selon
une logique industrielle". Cette dernière
se décline en trois axes: réaliser des opérations
de promotion fortement génératrices de cash-flow.
Ensuite, développer un patrimoine locatif à
fort rendement, susceptible d'être introduit en
bourse. Et c'est là le côté innovant
de la stratégie. Enfin, se positionner en complément
des activités traditionnelles sur celles de service
à forte valeur ajoutée. Dans l'élaboration
de leur projet, Saham et Thomas & Piron comptent tirer
profit de la conjoncture actuellement propice pour saisir
les opportunités du secteur. Selon eux, l'absence
sur la place de Casablanca de fonds d'investissement dédiés
à l'immobilier ne peut être que bénéfique
pour la réussite de leur projet. Mais, ils souhaitent
que d'autres fonds se lancent: ils considèrent
que le secteur se développera mieux s'il y a plusieurs
opérateurs. S'ajoute la forte demande des investisseurs
étrangers désirant saisir les opportunités
du secteur. Actuellement, "peu de promoteurs immobiliers
marocains disposent de la taille critique, alors que celle-ci
constitue un facteur-clé de réussite dans
le domaine, notamment pour la constitution de réserves
foncières. De plus, la forte demande en produits
immobiliers et le déficit chronique en logements
permettent d'anticiper de fortes rentabilité".
En effet, les besoins en logements ne cessent de croître
dans les grandes villes. La région du Grand Casablanca,
centre urbain et industriel, vient en tête de liste.
En dépit des campagnes de promotion assorties de
facilités de paiement, le secteur de l'habitat
à Casablanca souffre de la mévente d'un
stock important de logements. Cette situation s'explique
par le niveau des prix des logements, jugé encore
trop élevé pour les ménages à
faible revenu. De plus, peu d'entre eux peuvent recourir
à l'endettement pour accéder à la
propriété. De son côté, le
système bancaire ne participe que modestement dans
le financement de l'habitat au Maroc. A ces entraves,
s'ajoute la contrainte foncière. La réserve
foncière a, actuellement, tendance à s'amenuiser.
L'offre publique de terrains équipés d'une
infrastructure de base n'a pu suivre l'évolution
démographique que connaît le pays. Cette
offre doit, normalement et en principe, jouer un rôle
déterminant dans l'accès à la propriété
des classes à revenu moyen et dans la restructuration
des bidonvilles et des quartiers clandestins.
-Le
locatif : Secteur redouté des promoteurs
Concernant
le locatif, il traverse une crise aiguë. Les logements
destinés à la location se raréfient
car les prix des loyers demandés sont de plus en
plus chers. De plus, ils sont accompagnés d'une
avance de garantie égale parfois à plusieurs
mois de loyer. Les promoteurs immobiliers, découragés
par les loyers impayés et les risques de contentieux
avec les locataires, évitent de lancer des projets
immobiliers destinés à ce secteur. Par ailleurs,
il importe de préciser que près de 500.000
ménages, soit 2,6 millions de personnes (le nombre
moyen par ménage est de 5,3) habitent des logements
insalubres en milieu urbain. Autrement dit, 20% des ménages
citadins vivent dans des conditions précaires,
selon le recensement général de la population
et de l'habitat de 1994, complété par les
estimations du Secrétariat de l'Etat à l'Habitat
en 2000. Le déficit en matière de logements
est estimé à environ 750.000 unités.
Pour atténuer cet écart, il est prévu
dans le cadre du plan quinquennal 2000-2004 de construire
180.000 unités par an au lieu de 90.000 actuellement.
Les
deux partenaires
-
Groupe Saham :
Créé
en 1992 par Moulay Hafid Elalamy, Saham, selon ses dirigeants,
recherche l'approche entrepreneuriale et la stratégie
à long terme (voir organigramme). Cette vocation
se retrouve dans les secteurs où son expertise
est particulièrement développée.
Il s'agit des télécommunications, des nouvelles
technologies de la distribution, de la promotion immobilière
et des services, notamment. Dans le cadre des opérations
boursières, le groupe Saham dispose d'un savoir-faire
en matière d'introduction en bourse, d'augmentation
de capital ou de restructuration d'actionnariat et de
restructuration interne.
Thomas
& Piron :
Première
entreprise belge de construction de logements individuels,
elle réalise chaque année plus de 350 maisons
et 250 appartements. Avec ses 750 collaborateurs, la société
belge se lance dans la conquête de nouveaux marchés
avec Thomas & Piron international. Le groupe est présent
en Belgique, Hollande, France et aujourd'hui au Maroc.
-
Les projets en commun
:
Le
Groupe Saham et Thomas & Piron n'en est pas à
sa première expérience. Les deux partenaires
comptent déjà à leur actif un ensemble
de projets, notamment celui d'Ar Raja à Casablanca
portant sur 256 appartements, 20 commerces. Figure également
à Casablanca le projet Oasis II, édifié
sur 1,2 hectare dans le quartier Belvédère.
Oasis II compte 608 logements et 54 commerces. Le projet
Oasis I est lancé, pour sa part, dans la capitale
du Souss, Agadir, avec 262 logements et 40 commerces.
Autre projet, Palmiers sur mer à Sidi Rahal, sur
6,5 hectares et portant sur 110 résidences balnéaires.
|