|
SOIR
|
|
Maroc : 25/10/2001 |
| L'immobilier
Belge au Maroc . |
 |
|
|
|
Thomas
& Piron, le numéro un belge de la maison unifamiliale,
connaît une remarquable expansion. Sa dernière
trouvaille immobilière: le retour au Maroc pour
ceux qui, après une carrière européenne,
souhaitent vivre au pays, dans leurs murs.
Le
marché belge de la construction ? Saturé
! Pourtant, Thomas & Piron n'admet pas de stagner,
même au stade de 3 milliards de chiffre d'affaires.
Il se tourne dès lors vers le marché extérieur.
Le tout petit bâtisseur du début, dans le
minuscule village ardennais d'Our (Paliseul), a déjà
posé d'intéressants jalons au Grand-Duché,
prometteur à long terme.
Première
pierre à Casablanca
Cela
ne suffit pas encore à Louis-Marie Piron et à
son adjoint de la première heure (1975), Charles
Thomas. Mandaté par les patrons ardennais, Christian
Vande Craen a pris son bâton de pèlerin outre-Gibraltar.
Au Congo, en Côte d'Ivoire, au Rwanda... précise
Ch. Van de Craen. C'est à Casablanca que le prospecteur
a posé son attaché-case. Certes fort pauvre,
le Maroc regorge de possibilités. Il connaît
un immense besoin de logements. Avec un plan de construction
de 200.000 logements, les autorités ont entamé
une guerre " antibidonville ".
La
demande est encore largement supérieure, pense
M. Van de Craen. L'Etat favorise l'accession à
la propriété dans le but de replacer les
"bidonvillois ". Les immeubles se construisent,
ils sont occupés. Le marché est aux mains
des promoteurs et constructeurs privés. Parallèlement,
nous avons perçu une nouvelle opportunité,
un marché potentiel réceptif, dans les grandes
villes européennes. En Belgique, en France, en
Allemagne, habitent des centaines de milliers de Marocains,
300.000 rien qu'à Bruxelles.
Thomas
& Piron croit à l'avantage de sa méthode
et de son savoir-faire. Nous pouvons, présenter
un produit de haute qualité, en toute confiance.
La Belgique, sur le plan de la construction, a une excellente
aura. Désormais, nous nous adressons, au Maroc,
mais surtout dans les villes européennes, au candidat
acquéreur.
D'ores
et déjà, Thomas & Piron dispose d'une
résidence dans la grande métropole. "Ar
Rajaa " est implanté, vue sur mer, non loin
de la fameuse mosquée Hassan II qui semble s'aventurer
sur les flots. L'entreprise ardennaise construit là
7 immeubles, soit près de 250 appartements, répondant
aux normes, au modèle marocains. Et adaptés
à ces familles qui ont connu l'Europe et son confort.
La consécration d'un rêve
L'entreprise
wallonne ne semble pas éprouver beaucoup de difficultés
à vendre ses appartements, à Casablanca.
Nous organisons des rencontres avec des candidats dans
des hôtels, à Bruxelles, Lille ou Paris.
Nous participons aussi à des salons. Nous contactons
notre public cible par le biais d'associations ou e mails.
Les Marocains d'Europe achètent sur base des plans.
En outre, le... téléphone arabe fonctionne.
Chacun a un ami, un parent pour se rendre compte du produit,
à la Résidence Ar-Rajaa à Casablanca.
Il nous est arrivé de vendre 12 appartements en
un week-end.
Une
sacrée demande de gens qui, travaillant à
l'étranger, souhaitent rentrer au pays. Dans leur
esprit, une telle acquisition est la consécration
d'un rêve, la démonstration de la réussite.
D'autres, revenant à Casa pour les congés,
souhaitent être chez soi disposer de leur pied à
terre.
En
quelque sorte, les acheteurs émergent des trois
générations: les aînés, pensionnés;
la 2e génération, au travail. Et même
des plus jeunes, d'une vingtaine d'années, constate
Christian Van de Craen. Ceci dit, nous voulons éviter
que les immeubles deviennent des dortoirs. Nous souhaitons
répartir la clientèle: 50% d'"Européens"
pour 50% de Marocains vivant et travaillant sur place,
issus des classes moyennes émergentes.
Thomas
& Piron ne débarque pas là en conquérant,
en envahisseur. Au contraire, nous faisons travailler
des entreprises marocaines mais avec une supervision belge.
Nous créons des emplois là-bas. Notre ingénieur
encadre le constructeur. Il assure la qualité d'exécution
des travaux. Oriam Saïd, notre architecte à
Casa, est marocain. Nous offrons un service complet: financement
au Maroc ou en Europe, transfert des fonds, actes administratifs
liés à l'acquisition, engagement d'un syndic,
service après vente... Tout cela est absolument
neuf chez eux.
Un
fonds d'investissements immobiliers
Mais
à quel prix? De l'ordre de 6.000 dirhams (24.000
F) le m² pour des appartements entre 65 et 90 m²
D'une
récente mission économique, conduite par
le prince Philippe, Ch. Van de Craen est revenu porteur
de la bonne nouvelle: nous allons, avec une entreprise
marocaine, la foncière Saham gérer un fonds
d'investissements immobiliers. Banques marocaines, banques
d'affaires européennes des institutions alimentent
ce fonds à hauteur de 100 millions d'euros But
de l'opération: construire du logement, des services
(parkings, entrepôts ... ), des résidences
plus orientées vers la villégiature.
Quelle
sera l'entreprise wallonne de l'année? Pour la
septième édition de ce concours organisé
par Ernst & Young et Fortis Banque, six entreprises
sont désignées, et parmi elles, Thomas &
Piron! Le nom de l'entreprise de l'année sera connu
en soirée du jeudi 22 novembre.
Une
idée " vacances" à Marrakech
Au
Maroc, Thomas & Piron imagine d'abord des habitations
permanentes. Dans cet esprit, sept immeubles sortent des
cartons, de terre, à Casablanca. Le premier immeuble
de la résidence de l'Espoir , traduction d'Ar Rajaa,
est construit. Les 40 appartements sont vendus, une trentaine
déjà habités. La construction des
deux bâtiments suivants sont en cours. Une idée
semblable va fleurir au pays de l'arganier, à Agadir,
aux portes du souk.
En
revanche, à Marrakech, nous caressons un tout autre
projet. Il s'agira alors de toucher une autre clientèle,
européenne. Nous avons des vues sur un terrain
de 40 hectares. Marrakech est vraiment un pôle d'émergence
,où nous espérons bien construire des villas
de villégiature, avec un accès à
la propriété.
Le
Maroc, sans lui donner la même coloration de masse
qu'en Tunisie par exempble, souhaite développer
l'industrie touristique- Le gouvernement parle de porter
la fréquentation annuelle à 10 millions
de visiteurs endéans les 10 ans, contre 2 millions
aujourd'hui. La volonté politique se traduit par
des actions pour le développement des infrastructures
routières et aéroportuaires. L'entreprise
ardennaise compte prendre ce train en marche. Ou, mieux,
le précéder et ouvrir la voie.
|