V E R S
L'AVENIR
18/11/2000
Thomas Piron ont la Baraka.

À Casablanca, la société " Thomas & Piron " vient de terminer la première phase d'un projet immobilier de 500 millions.

LA SOCIÉTÉ PALISEULOISE " Thomas & Piron " vient d'inaugurer, cette semaine , à Casablanca au Maroc, un projet baptisé "Ar-Rajaa " ou " L'Espoir ".

En trois ans, ce sont 256 appartements, commerces et bureaux qui s'étendront sur les 7 748 m2 de ce terrain, non loin de l'océan et de la grande mosquée.

" Le projet a été signé il y a un an, commente Christian Vande Craen, l'administrateur délégué de Thomas & Piron International. On a été rapidement acceptés et bien aidés car on est perçus ici comme des investisseurs et non des profiteurs. "

L'intelligence du promoteur est aussi d'avoir pu allier sa destinée à celle de partenaires locaux, aussi intéressants qu'intéressés. Des liens qui se sont créés un peu par hasard. Ainsi, Said Oriam, l'architecte en charge,du projet, a fait ses études à l'institut supérieur d'architecture Victor Horta à Bruxelles.

Il y a rencontré son épouse actuelle avec qui il. est revenu au Maroc, en 1984.

Au niveau financier, nous avons un partenaire qui nous donne sa caution morale. Cela aide.. . ", souffle Christian Vande Craen.

Pour faire sortir de terre le premier bâtiment d'Ar-Rajaa, il n'a fallu que trois trimestres, le premier coup de pelleteuse ayant été donné en février de cette année.

" Nous avons obtenu les autorisations en dix jours ! , se réjouit encore Said Oriam. Parfois, cela prend bien deux mois... "

La main d'oeuvre locale, abondante et bon marché, a aussi ses " spécificités ". " Petit à petit, on essaie d'améliorer leur technique, comme le fait d'utiliser une lampe pour bien finir les joints ", donne comme exemple le responsable belge.

L'Indice de confiance

Actuellement, 70 % des 43 appartements terminés sont déjà vendus. " Ce n'est pas un bon chiffre, c'est un exploit ", assène Said Oriam. En effet, le contexte légal fait que les Marocains n'achètent pas un bâtiment tant qu'il n'est pas complètement terminé.

Nombre d'entre eux ont été roulés par quelques margoulins qui avaient déjà englouti les avances avant le premier coup de truelle.

Tout cela prouve donc bien que T & P bénéficie d'un sérieux indice de confiance dans cette région d'Afrique du Nord.

Mais qui donc peut se payer ces confortables appartements ? " Nous avons pensé aux Marocains qui travaillent en France ou chez nous, situe Christian Vande Craen. La plus vieille génération a toujours l'intention de revenir au pays et ce que nous leur proposons semble leur convenir. "

Parmi les acheteurs, on retrouve donc un tiers de locaux, un autre de Marocains de Belgique et un dernier d'émigrés de Paris.

Le système fonctionne donc bien et inspire la société de Paliseul qui a d'ailleurs un autre projet similaire qu'elle compte développer à Agadir. La résidence sera baptisée... " AI Baraka. ". Tout un programme!

Le marché belge proche de la saturation

" On se dit que le marché belge est proche de la saturation. Or, nous voulons continuer sur la voie de la croissance ", commente Christian Vande Craen, administrateur délégué de T & P International. Aussi sa société s'est mise à penser diversification et exportation.

" On y réfléchit depuis deux ans et demi. Et on a désormais des projets et réalisations au Congo, en Côte d'Ivoire au Rwanda et au Maroc. Toujours avec le privé parce que l'on maîtrise mieux les garanties de payement ", explique le patron belge.

L'affaire prend très bien au Maroc, à tel point qu'on sort déjà les calculettes. " On aimerait y générer un chiffre d'affaires annuel d'un milliard... ", espère Christian Vande Craen.

Le prix du terrain y est pourtant très élevé : il se négocie entre dix et vingt mille francs le mètre carré à Casablanca! Mais les besoins sont énormes. Chaque année, quelque 200 000 logements supplémentaires sont nécessaires pour abriter cette population dont soixante pour cents ont moins de vingt-cinq ans.:" Mais c'est. aussi un message que nous lançons aux autres. Il y a vraiment tout ici pour faire du bon boulot. " En espérant que cette population à l'espoir renouvelé ait aussi les moyens de mettre un toit au dessus de ses rêves.

Samuel HUSQUIN